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Hydratation du chien et du chat : combien doivent-ils boire et comment détecter la déshydratation ?
Hydratation du chien et du chat : combien doivent-ils boire et comment détecter la déshydratation ?
L’eau est indispensable au bon fonctionnement de l’organisme du chien et du chat. Elle participe notamment à la régulation de la température corporelle, à la circulation sanguine, à la digestion et à l’élimination des déchets.
La chaleur, l’exercice et l’augmentation du halètement chez le chien peuvent accroître les pertes hydriques. Cependant, la déshydratation ne survient pas uniquement en été : une diminution de la consommation d’eau, des vomissements, une diarrhée ou certaines maladies peuvent également déséquilibrer les apports et les pertes de liquides.
Comment savoir si un chien ou un chat boit suffisamment ? Quels signes doivent nous alerter ? Et comment favoriser une hydratation adaptée au quotidien ?
Qu’est-ce que la déshydratation chez le chien et le chat ?
La déshydratation apparaît lorsque l’organisme perd davantage de liquides qu’il n’en reçoit. Elle entraîne une diminution de l’eau disponible dans les tissus et peut s’accompagner d’un déséquilibre des électrolytes.
Elle ne doit pas être confondue avec l’hypovolémie, qui correspond à une diminution du volume de sang circulant. Ces deux situations peuvent être liées, mais elles ne nécessitent pas exactement la même prise en charge. Les recommandations vétérinaires de l’American Animal Hospital Association précisent qu’une déshydratation importante ou une hypovolémie doivent être évaluées et traitées de manière individualisée par un vétérinaire.
Une déshydratation non corrigée peut altérer la circulation, la régulation de la température et le fonctionnement de différents organes. Chez le chat, le Cornell Feline Health Center mentionne notamment de possibles troubles circulatoires, cardiaques, neurologiques et de la thermorégulation.
Quelle quantité d’eau un chien ou un chat doit-il consommer ?
Il n’existe pas de quantité unique valable pour tous les animaux.
Dans un environnement à température modérée, le MSD Veterinary Manual indique, à titre de référence générale, une consommation totale d’environ 44 à 66 ml d’eau par kilogramme de poids corporel et par jour pour la plupart des mammifères.
Il est important de comprendre qu’il s’agit de l’apport hydrique total, qui comprend :
- l’eau bue directement ;
- l’eau présente dans les aliments ;
- l’eau produite en petites quantités par le métabolisme.
À titre purement indicatif, cet intervalle représenterait :
- pour un animal de 5 kg : entre 220 et 330 ml d’eau totale par jour ;
- pour un animal de 10 kg : entre 440 et 660 ml ;
- pour un animal de 25 kg : entre 1,1 et 1,65 litre.
Calcul : poids de l’animal × 44 à 66 ml.
Ces quantités sont uniquement des valeurs générales et ne constituent pas une prescription. Les besoins réels varient selon la température, l’activité physique, l’âge, l’état de santé, la taille de l’animal et, surtout, son alimentation.
Eau bue et apport hydrique total : une différence importante
Un animal principalement nourri avec des aliments humides reçoit déjà une quantité importante d’eau au cours de ses repas et peut donc boire moins dans son récipient. À l’inverse, un animal nourri avec des aliments secs doit couvrir une plus grande partie de ses besoins hydriques en buvant.
Le Cornell Feline Health Center estime qu’un chat a besoin d’environ 118 ml d’eau pour 2,27 kg de masse corporelle maigre, soit approximativement 52 ml/kg par jour. Il précise également que les aliments humides peuvent contenir jusqu’à 80 % d’eau.
Par conséquent, observer uniquement le niveau d’eau dans le récipient ne permet pas toujours de déterminer si un animal est correctement hydraté.
Pourquoi un chien ou un chat peut-il se déshydrater ?
La déshydratation peut être provoquée par une diminution des apports, une augmentation des pertes d’eau ou une combinaison de ces deux facteurs.
Parmi les causes possibles figurent :
- une quantité insuffisante d’eau disponible ;
- une eau difficilement accessible ou qui n’est pas renouvelée régulièrement ;
- une diminution de l’appétit ou de la consommation d’eau ;
- un halètement important chez le chien ;
- une activité physique intense ;
- des vomissements ou une diarrhée ;
- des températures élevées ou un environnement mal ventilé ;
- certaines maladies qui augmentent les pertes d’eau ou la production d’urine ;
- certains traitements, comme les médicaments diurétiques.
Les recommandations de l’AAHA mentionnent explicitement une consommation insuffisante, le halètement excessif chez le chien, les vomissements, la diarrhée et certaines maladies, comme le diabète, parmi les causes possibles de déshydratation.
Chez le chat, la maladie rénale chronique, le diabète, l’hyperthyroïdie, les vomissements, la diarrhée et certains médicaments peuvent augmenter les pertes d’eau. Des problèmes dentaires, une faiblesse ou des conflits entre plusieurs chats autour du point d’eau peuvent également réduire la consommation.
Une augmentation inhabituelle de la soif ne doit donc pas être automatiquement interprétée comme le signe d’une bonne hydratation : elle peut également être liée à un problème de santé.
Quels sont les signes possibles de déshydratation ?
Les manifestations peuvent varier selon l’animal, la cause et l’importance du déficit. Parmi les signes les plus fréquemment décrits figurent :
- des gencives sèches ou collantes ;
- de la fatigue, une faiblesse ou une diminution de l’activité ;
- une baisse de l’appétit ;
- une peau qui met plus de temps que d’habitude à reprendre sa position ;
- des yeux paraissant plus enfoncés dans les cas importants ;
- des changements de comportement ou de l’état général.
Les recommandations vétérinaires de l’AAHA associent les premières modifications détectables à une diminution de l’élasticité de la peau. Lorsque le déficit augmente, les muqueuses peuvent devenir sèches et les yeux peuvent se rétracter dans leurs orbites.
Le Cornell Feline Health Center cite également parmi les signes possibles l’apathie, la faiblesse, le manque d’appétit, la sécheresse des muqueuses et, dans les cas les plus graves, les yeux enfoncés.
Le test du pli cutané est-il fiable ?
Ce test consiste à soulever délicatement la peau au niveau des épaules et à observer la vitesse à laquelle elle reprend sa position. Chez un animal correctement hydraté, la peau revient généralement rapidement à son état initial.
Un retour plus lent peut être compatible avec une déshydratation, mais ce test présente des limites. Chez les chats âgés, par exemple, la peau peut être moins élastique même lorsque l’animal est correctement hydraté.
Le test du pli cutané ne doit donc jamais être utilisé seul pour établir un diagnostic. Le vétérinaire combine différents éléments, notamment les antécédents de l’animal, l’examen des muqueuses, son état général, sa circulation, son poids et, lorsque cela est nécessaire, des analyses de laboratoire.
Comment favoriser une bonne hydratation au quotidien ?
1. Laisser de l’eau propre disponible en permanence
Le chien ou le chat doit pouvoir accéder librement à de l’eau propre et fraîche, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Lorsque le récipient se trouve dehors, il doit rester à l’ombre et être vérifié régulièrement.
L’American Veterinary Medical Association recommande de laisser aux animaux un accès illimité à de l’eau fraîche et à une zone ombragée lorsqu’ils se trouvent à l’extérieur.
2. Renouveler l’eau régulièrement
Une grande quantité d’eau laissée toute la journée dans le même récipient n’est pas nécessairement plus attractive qu’une quantité adaptée et renouvelée plusieurs fois.
Il est également important de laver régulièrement le récipient afin d’éliminer la salive, les résidus alimentaires et les salissures accumulées.
3. Installer plusieurs points d’eau
Disposer de plusieurs récipients peut faciliter l’accès à l’eau, notamment :
- dans un grand logement ;
- pour un animal âgé ou dont la mobilité est réduite ;
- dans un foyer comprenant plusieurs chiens ou chats ;
- lorsqu’un animal empêche un autre d’accéder à certaines ressources.
Pour les chats, Cornell recommande de placer de l’eau fraîche dans des endroits facilement accessibles et de vérifier qu’aucun conflit territorial ne les empêche d’approcher du récipient.
4. Tenir compte des préférences de chaque animal
Certains animaux préfèrent une eau renouvelée fréquemment, une fontaine ou un récipient placé à distance de la nourriture. Ces préférences sont individuelles : les fontaines peuvent augmenter la consommation de certains chats, mais elles n’ont pas le même effet sur tous.
L’essentiel est d’observer à quel endroit et avec quel type de récipient l’animal boit le plus volontiers.
5. Profiter de l’eau présente dans l’alimentation
Les aliments humides contribuent à l’apport hydrique quotidien. Lorsque cela est compatible avec son alimentation et son état de santé, une petite quantité d’eau peut également être ajoutée à sa nourriture.
Si l’animal souffre d’une maladie rénale, cardiaque, hépatique ou urinaire, ou s’il suit une alimentation vétérinaire spécifique, toute modification importante doit être préalablement discutée avec le vétérinaire.
Il ne faut pas ajouter de sel à son alimentation de sa propre initiative afin de provoquer la soif. L’Université de Californie à Davis avertit qu’une augmentation de la consommation de sel peut être nocive, en particulier pour les animaux souffrant de maladies cardiaques, rénales ou hépatiques.
6. Adapter les promenades et l’activité physique
Pendant les périodes de chaleur, il est préférable d’organiser les promenades tôt le matin ou en fin de journée et d’éviter les exercices intenses aux heures les plus chaudes. Lors des sorties prolongées, il est nécessaire d’emporter de l’eau et d’en proposer régulièrement à l’animal.
La déshydratation et le coup de chaleur sont deux problèmes différents, même s’ils peuvent survenir simultanément.
Déshydratation ou coup de chaleur : quand s’agit-il d’une urgence ?
Un halètement très intense, une salivation excessive, des vomissements, une diarrhée, une faiblesse, une confusion, des convulsions ou un effondrement après une exposition à la chaleur peuvent indiquer un coup de chaleur.
Le coup de chaleur est une urgence vétérinaire potentiellement mortelle. L’animal doit être placé dans un endroit frais, rafraîchi progressivement avec de l’eau fraîche — mais pas glacée — et recevoir immédiatement des soins vétérinaires. Il ne doit pas être immergé brutalement dans de l’eau très froide.
Il est également nécessaire de contacter rapidement un vétérinaire si l’animal :
- refuse de boire ;
- ne parvient pas à garder l’eau qu’il boit ;
- présente des vomissements ou une diarrhée importants ;
- est anormalement faible ou apathique ;
- semble désorienté ;
- éprouve des difficultés à respirer ;
- s’effondre ;
- présente des signes qui persistent ou s’aggravent.
Il ne faut pas forcer un animal faible, désorienté ou inconscient à boire, car il pourrait inhaler l’eau dans ses voies respiratoires.
Et pour aider à conserver l’eau fraîche ?
En complément de ces bonnes pratiques, le matériau du récipient peut également s’avérer utile. La stéatite est une pierre naturelle qui emmagasine la température de l’eau et peut aider à la conserver fraîche plus longtemps. Cependant, elle ne refroidit pas spontanément l’eau : le récipient doit rester à l’ombre et l’eau doit être renouvelée régulièrement.
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L’essentiel à retenir
Une bonne hydratation repose avant tout sur quelques habitudes simples :
- laisser de l’eau propre disponible en permanence ;
- la renouveler régulièrement ;
- installer plusieurs points d’eau lorsque cela est nécessaire ;
- tenir compte de l’eau apportée par l’alimentation ;
- adapter les promenades et l’activité à la température ;
- surveiller les changements d’appétit, de comportement et de consommation d’eau ;
- consulter rapidement un vétérinaire en cas de doute.
Des gencives sèches, une fatigue inhabituelle, une diminution de l’appétit, une perte d’élasticité de la peau ou des yeux enfoncés peuvent être compatibles avec une déshydratation. Cependant, aucun de ces signes ne permet à lui seul d’établir un diagnostic.
En cas de doute, seul un vétérinaire peut évaluer correctement l’état d’hydratation de l’animal, en rechercher la cause et déterminer le traitement approprié.
Cet article fournit des informations générales et ne remplace ni un diagnostic ni un traitement vétérinaire.
Sources consultées
- American Animal Hospital Association (AAHA) — Recommandations 2024 sur la fluidothérapie : liquides de remplacement et d’entretien.
- Cornell University College of Veterinary Medicine — Hydratation.
- MSD Veterinary Manual — Besoins nutritionnels des petits animaux.
- American Animal Hospital Association (AAHA) — Principes généraux de la fluidothérapie.
- MSD Veterinary Manual — Surveillance des petits animaux en état critique.
- American Veterinary Medical Association — Sécurité des animaux par temps chaud.
- UC Davis School of Veterinary Medicine — Prise en charge nutritionnelle des calculs urinaires.
- Cornell University College of Veterinary Medicine — Le coup de chaleur : une urgence médicale.
- MSD Veterinary Manual — Que faire en cas d’urgence chez un chien ou un chat ?.
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